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Lettre ouverte : Quand la culture transforme des vies!

Publié le par Frédéric Lagacé, directeur général du ROSEQ et Manon Morin, directrice générale de Réseau Scènes

Dans l’actualité récente, on voit que les sorties scolaires culturelles suscitent une inquiétude grandissante. En effet, la réforme des règles budgétaires du ministère de l’Éducation fait disparaître les enveloppes protégées dédiées aux sorties culturelles, au profit d’une enveloppe globale regroupant projets pédagogiques, sportifs, culturels et sociaux. Le gouvernement présente cette réforme comme un geste de souplesse administrative. Sur le terrain, l’expérience des dernières décennies montre plutôt qu’elle entraînera un net recul. Ce recul est d’autant plus difficile à comprendre qu’il vient d’un gouvernement ayant affirmé sa volonté de protéger l’objectif des deux sorties culturelles annuelles pour tous les élèves du Québec.

Après près de quarante ans de revendications du milieu culturel, cette mesure représentait une avancée majeure. Elle traduisait un engagement concret envers l’éducation culturelle des jeunes, peu importe leur région, leur école ou leur code postal. Elle permettait aux élèves de vivre une véritable expérience artistique dans des conditions professionnelles, en découvrant des lieux de diffusion, des artistes et des œuvres qui contribuent à leur ouverture sur le monde. Cette rencontre directe avec la création constitue une étape importante dans la formation de citoyens curieux, critiques et engagés dans la vie culturelle de leur communauté.

Nous insistons aussi sur l’importance de garantir un accès équitable à la culture dans toutes les régions du Québec. L’offre culturelle professionnelle est rarement à distance de marche des écoles. Que l’on vive à Matane, Mont-Laurier, Baie-Comeau, Alma, Amos, Sorel-Tracy, St-Jean-sur-Richelieu, Gaspé, Shawinigan ou Dolbeau, le transport scolaire est une condition essentielle pour assurer l’égalité des chances en matière d’accès à la culture. Notre territoire est vaste. L’accès à la culture ne devrait pas devenir inégal selon la distance à parcourir entre l’école et le lieu culturel. Une sortie scolaire culturelle réunit un élève, un enseignant, des équipes de diffusion, un lieu culturel professionnel, une compagnie artistique, des artistes, un spectacle et un déplacement pour s’y rendre. Tous ces éléments forment une même chaîne. Depuis les années 1990, les réseaux et les diffuseurs ont travaillé à sortir les spectacles des gymnases des écoles pour offrir aux élèves une véritable rencontre avec les arts dans des lieux adaptés à la diffusion professionnelle. Le transport demeure depuis un enjeu central d’accès et il fait partie de la solution.

Comme le rappelait la regrettée Louisette Dussault lorsqu’elle était porte-parole de Réseau Scènes pour le volet jeune public, «c’est notre responsabilité de montrer le chemin culturel à nos enfants, aux élèves, pour vivre une expérience unique et formatrice».

L’ambition doit rester claire : poursuivre le développement, renforcer l’accès et inscrire ces acquis dans la durée. L’impact sur les jeunes est majeur, tout comme ses effets sur l’écosystème culturel et l’économie locale. Ce choix du gouvernement influencera de manière déterminante la place accordée à la culture dans la formation des élèves du Québec.

Enfin, Réseau Scènes et le ROSEQ considérons les sorties scolaires culturelles comme un investissement stratégique pour l’avenir. C’est pourquoi au nom de nos membres diffuseurs professionnels demandons le maintien de mesures financières dédiées et protégées, afin de préserver un modèle qui a démontré son efficacité et son importance pour l’ensemble de l’écosystème culturel québécois.

 

Manon Morin, Directrice générale, Réseau Scènes

Frédéric Lagacé, Directeur général, ROSEQ

 

Cette lettre est appuyée par Réseau Centre, Diffusion Inter-Centres, Objectif Scène et Spectour.

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